Perdre son emploi c’est aussi perdre ses repères. Savoir gérer son temps quand on est au chômage évite les actions irréfléchies et précipitées qui s’avèrent stériles. Donnez–vous du temps, organisez–le, il vous aide à vous diriger dans une nouvelle direction.
" La perception du temps est primordiale dans la capacité à s´investir et à se motiver ", souligne d’emblée Pascal Trouillet, directeur du développement de BPI. Or, le temps est le premier repère qui disparaît quand on est au chômage — c´est encore plus vrai pour les non–cadres —, puisque la journée n´est plus structurée autour d´actions telles qu´aller au bureau, être en réunion, déjeuner avec des clients ou des collègues, etc. Si les solutions d´outplacement permettent de pouvoir se dire régulièrement " Je vais au bureau ", tout le monde n´en bénéficie pas et tout le monde ne les choisit pas.
Au chômage, le temps dont vous disposez vous semble énorme tout autant qu’insuffisant parce que vous découvrez plein de nouvelles choses à faire. Par ailleurs, la perte d’emploi s’accompagne d’une perte d’identité sociale ; remplir son quotidien de mille tâches évite d’aller se confronter à cette perte–là dans la rencontre avec un recruteur. La bonne façon de gérer ces différents aspects du temps est de reconstruire des repères stables et fiables qui permettent de retrouver un rythme et l’estime de soi.
Se poser et s’écouter
Il importe de s’accorder du temps hors du sentiment d’urgence et de la pression sociale. " Se donner du temps est très utile car lorsqu´on est en poste depuis un certain temps, on ne met plus en perspective ses compétences et connaissances, on a une vision biaisée du marché et de son métier, seulement liée à celle quéon a connue dans son entreprise, et puis, nous évoluons nous-mêmes et un poste ne correspond pas toujours à ce que nous devenons ", explique Pascal Trouillet. Ce temps–là vous permet de dessiner de nouvelles perspectives.
Planifier
Conjointement, il convient de mettre en place un calendrier (papier et/ou électronique) grâce auquel vous vous projetez, au jour le jour, dans une semaine, dans un mois. Pensez rétroplanning. De cette manière, vous déterminez aussi le temps que vous vous accordez pour retrouver un emploi. De plus, comme l’observe Pascal Trouillet : " Cela met à jour votre envie ou non de vous mettre dans l´immédiat à la recherche d´un job, vous permet de prendre du recul par rapport à vous–même et vos aspirations, d´éviter la frénésie que génère le sentiment dacute;urgence et qui n´est pas autre chose quacute;un évitement par bonne conscience l´objectif est d´atteindre son but, pas de remplir le temps. " Votre calendrier doit vous amener là où vous voulez être à la fin d’une journée, d’une semaine, d’un mois. Exit donc toute idée de noircissement d’agenda, chaque action — rencontrer quelqu’un qui vous permet d’avoir une bonne vision de votre marché (recruteur, outplaceur, pro de votre secteur), explorer une nouvelle piste, s’informer, mettre à plat, repérer les offres, postuler, échanger sur les réseaux numériques ou en face–à–face, vous ressourcer et donc garder un bon niveau d’énergie… — doit faire progresser votre recherche. " Vos objectifs varient selon que vous les prévoyez à court ou moyen terme ; les uns sont purement opérationnels, les autres, plus stratégiques ", complète–t–il.
Entretenir le lien social
Maintenir un lien social vous aide à vous caler sur le temps des autres : vos anciens collègues, partenaires, clients, membres de votre réseau, proches… Pascal Trouillet recommande de ne pas forcer ce type d’action, d’attendre de sentir en soi l’envie de se projeter dans l’avenir, cela ne se produit pas immédiatement après la perte d’emploi : " Si vous ne vous sentez pas très solide, commencez par rencontrer les personnes avec lesquelles la démarche est facile, agréable ", conseille–t–il. On parle de tout type de lien social aussi ne négligez pas les loisirs et notamment le sport : " Il oblige à se réapproprier son image, à se déconnecter de celle qui était liée à son ancien poste dans telle entreprise ", remarque notre conseil, lui–même ancien sportif de haut niveau.
Enfin, gare à l’impatience et à la pression ! D’une part, les résultats de vos démarches ne seront pas instantanés, d’autre part, nécessité d’organiser son temps ne signifie pas obligation de tout réussir ou tout bien faire. Vous avez le droit à l’erreur mais pas celui d’être inactif et de laisser filer le temps sous prétexte que vous redoutez l’échec.
Sophie Girardeau