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Créer une franchise ou rester salarié : comment choisir ?

Créer une franchise ou rester salarié : comment choisir ?

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Chaque année, les salariés sont de plus en plus nombreux à se lancer en franchise et à venir grossir les rangs des 31 700 franchisés déjà installés. Majoritairement composée au début des années 2000 d’investisseurs et de commerçants, cette forme d’entrepreneuriat séduit aujourd’hui à 76 % * d’anciens salariés. Mais devenir patron d’un Monceau Fleurs ou d’un centre Midas, et opérer un virage professionnel à 180 degrés, ne se fait pas sans quelques précautions. La franchise a beau offrir une vraie sécurité aux candidats, elle comporte une part de risques. Un franchisé sur cinq ne passe pas le cap des cinq ans.

Les avantages de la franchise par rapport au salariat : Vivre le rêve de la création d’entreprise

580 000 créations d’entreprises et quelques 2525 franchisés en 2009… Indiscutablement, les Français ont l’entrepreneuriat dans la peau ! Pour beaucoup, la création représente le rêve d’une vie : devenir son propre patron, se réaliser, être autonome, donner un coup de fouet à sa carrière… La franchise a l’avantage supplémentaire d’être sécurisante. A la différence de la création pure, l’entrepreneur bénéficie d’un concept testé et de méthodes rodées. Il obtient en effet le droit d’exploiter le nom d’une enseigne nationale et profite de la notoriété du réseau. Tout le travail en amont de recherche de business model a été réalisé par le franchiseur. Résultat, le franchisé ne part pas de zéro.
C’est donc sans surprise que ce mode d’organisation attire en priorité les quadras, en recherche de reconversion de carrière. « 67 % de nos franchisés sont d’anciens salariés, principalement des cadres licenciés qui avaient depuis longtemps un projet de création dans un coin de leur tête » déclare Cyrille Laborde, responsable du développement chez Ucar, enseigne de location de voitures.

Les avantages de la franchise par rapport au salariat : Ne plus avoir de chef

Dans une grande entreprise, les salariés sont le plus souvent un simple maillon de la chaîne. Même s’ils sont brillants, compétents et ne comptent pas leurs heures, ils restent des salariés. Ils ne sont pas décisionnaires : ils doivent obéir à leurs supérieurs hiérarchiques et respecter des procédures parfois pesantes. De plus, ils ne sont pas à l’abri d’un licenciement ou d’un plan social. « Avec la franchise, un salarié peut passer du statut d’exécutant à celui de chef d’entreprise. Il est seul maître à bord, indépendant et peut gérer son affaire comme bon lui semble. C’est lui qui recrute, qui anime les équipes et qui développe son chiffre d’affaires. C’est un vrai gestionnaire », explique Philippe Guittet, du cabinet PG Conseil, spécialisé en gestion de carrières.

Les avantages de la franchise par rapport au salariat : Evoluer en permanence

La franchise offre des perspectives de carrière à long terme. Les salariés, et surtout les anciens cadres, sont particulièrement sensibles à cet argument. Dans les entreprises, à 40 ou 50 ans, beaucoup de collaborateurs sont mis sur une voie de garage et leur carrière ralentit. « Les salariés qui ont eu des responsabilités pendant plusieurs années envisagent la franchise comme un tremplin. Beaucoup souhaitent dès le départ avoir l'opportunité de prendre progressivement en charge plusieurs points de vente et devenir multi-franchisés. Ils connaissent le potentiel de développement offert par ce mode d’exploitation » déclare Marie-Hélène Boyer-Dubergat, coach chez Leroy Dirigeants.
Le schéma est assez classique : au bout de trois ou quatre ans, ils réinvestissent leur capital dans une nouvelle enseigne et gèrent deux, trois, voire quatre points de vente ou agences. En 2009, un franchisé sur trois déclarait ainsi vouloir ouvrir un nouvel établissement dans le même réseau.

Les contraintes de la franchise par rapport au salariat : Le risque de l’entrepreneuriat

Créer, même en franchise, n’est pas une assurance tout risque. Et les échecs existent. Après cinq ans d’existence, une franchise sur cinq met la clé sous la porte (contre une sur deux en création pure). En cause : le choix d’un mauvais emplacement, une gestion hésitante du franchisé, le retournement de la conjoncture, un réseau défaillant, un concept n’ayant pas su évolué, l’usure face à la somme de travail…
Car devenir patron nécessite du travail, beaucoup de travail. Les anciens salariés ne sont pas forcément prêts à se retrouver seul du jour au lendemain, à gérer des petites mains et pour certains à travailler le soir et le week-end. « Je me souviens d’un ancien directeur administratif et financier qui s’est lancé en franchise. Il avait des réflexes de grandes entreprises. Il peaufinait tout. Il avait beaucoup de difficultés à se projeter seul dans un projet », raconte Marie-Hélène Boyer-Dubergat, coach chez Leroy Dirigeants.

Les contraintes de la franchise par rapport au salariat : Un changement radical de statut

Quitter le costume cravate pour endosser un tablier de boulanger ou un bleu de garagiste n’est pas non plus si aisé. « Le changement de statut peut être déstabilisant. Le franchisé ne sera plus vu comme auparavant : il ne sera plus salarié, avec un poste fixe, une bonne rémunération et la reconnaissance sociale qui l’accompagne. Le regard de sa famille et de son entourage va changer. Il pourra être jalousé, ou pire dénigré. Il faut se préparer à ce virage et renoncer à un certain standing », poursuit Philippe Guittet du cabinet PG Conseil.
En effet, fini la voiture de fonction, les primes ou les bonus, et les avantages sociaux comme le comité d’entreprise, les tickets restaurants ou les mutuelles. Quant à la rémunération, autant dire qu’elle en prend un coup. Avec une rémunération moyenne de 2 400 euros par mois, on est loin des packages de certains cadres qui peuvent atteindre jusqu’à 70 000 euros par an.

Les contraintes de la franchise par rapport au salariat : Une liberté d’action limitée

Le franchisé a beau être indépendant, il n’en est pas moins soumis au respect de certaines règles. En effet, il n’est pas décisionnaire sur la stratégie de l’enseigne et doit appliquer les consignes que lui impose le franchiseur en termes de communication, de marketing ou de logistique. Il ne peut pas changer l’aménagement ni la signalétique de son magasin comme il l’entend, il ne peut pas non plus choisir de nouveaux fournisseurs et aller à l’encontre de la politique d’achat du groupe. Il doit respecter la ligne de conduite du réseau et rendre des comptes au franchiseur. « Il est important d’assimiler ces contraintes dès le départ sinon, cela génère des frustrations. Le futur candidat doit bien analyser ses motivations et prendre en compte tous les aspects de la franchise», souligne Marie-Hélène Boyer-Dubergat.

Les contraintes de la franchise par rapport au salariat : La compétition entre franchisés

Pour un franchisé, le développement passe essentiellement par la création de nouveaux points de vente. Or, les bonnes zones géographiques encore disponibles peuvent entraîner des compétitions au sein du réseau.

Les alternatives : Demander à évoluer en interne

Travail ronronnant, démotivation, ennui, manque de perspectives… A un moment ou un autre d'une carrière, des petits coups de « mou » peuvent se faire ressentir. Il peut alors être intéressant de consulter la direction des ressources humaines. « Dans la plupart des grandes entreprises, des plans de mobilité ou de gestion de carrières existent », signale Philippe Guittet du cabinet PG Conseil, spécialisé en gestion de carrières. Le groupe Caisse d’Epargne, Unilog, Bouygues... ont ainsi lancé des universités internes et proposent par exemple aux cadres dirigeants de suivre des formations sur le management, la finance, le savoir-faire, le savoir-être... L’idée : valoriser leur expertise et leur permettre d’ajouter des cordes à leur arc.

Les alternatives : L’international, accélérateur de carrière

Une expatriation peut également redonner de l’élan à une carrière au point mort. Chez GE Energy, une vingtaine de cadres est envoyée tous les ans dans les pays où l’entreprise est présente (Allemagne, Autriche, Hongrie, Italie, Pologne, Russie). Pendant 24 mois, les bénévoles effectuent des missions de 6 mois chacune dans plusieurs pays. A l’issue du programme, ils peuvent opter pour une carrière internationale ou revenir en France. Dans le dernier cas, ils sont assurés de gravir les échelons deux fois plus vite. Le salariat peut ainsi offrir des alternatives à la reconversion et permettre à des salariés de devenir maître de leur carrière et de leur destin.

Les alternatives : Opter pour la succursale

Tester lafranchise en restant salarié et en limitant les risques, cela est possible. Il suffit de devenir salarié gérant d’une succursale. Le rôle d’un gérant de magasin salarié n’est guère différent de celui d’un franchisé, si ce n’est qu’il ne court pas de risques puisqu’il est salarié. Des enseignes comme Midas, La Mie Câline ou Class Croûte proposent cette formule sécurisante.


Valérie Froger
07 juin 2010

Les Echos De La Franchise

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